Tous à Zanzibar de John Brunner

couv65361460Je viens de finir Tous à Zanzibar de John Brunner et ce fût laborieux d’arriver au bout de ses 700 pages. J’avais déjà lu Sur l’onde de choc de cet auteur et tout comme ici, je trouve que l’auteur développe des idées intéressantes mais son style, ses histoires et ses personnages m’ennuient profondément. Du coup, j’ai un avis plutôt négatif sur ce roman considéré comme un classique de la science-fiction.

Synopsis
En 2010, le nombre des êtres humains est tel que, s’ils se tenaient au coude à coude sur l’île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. La surpopulation entraîne la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée. La pollution fait qu’à New York, des distributeurs d’oxygène sont à la disposition de ceux qui ont besoin de faire le plein avant de traverser les rues. La consommation de tranquillisants, pour limiter les nécessaires tensions sociales dues à la promiscuité et les velléités révolutionnaires, s’est généralisée.

Les radiations ont entrainé l’augmentation du taux des maladies héréditaires à un tel point que des mesures draconiennes sont prises : les individus porteurs sont automatiquement stérilisés et seuls se reproduisent ceux qui ont des caryotypes sains. L’eugénisme est développé. Évidemment, la liberté individuelle est résolument refusée.

À New York, Norman, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic Corporation dont le superordinateur Shalmaneser organise l’achat pur et simple d’un pays africain. Son compagnon d’appartement, Donald, apparemment un simple étudiant, est en fait recruté par les services secrets qui l’envoient s’emparer de la découverte d’un généticien d’un pays du tiers monde qui ferait de tous les nouveau-nés des génies prédéterminés.

D’abord la structure du roman est assez inhabituelle, différents types de parties s’alternent tout le long du roman : Contexte, Jalons et Portraits, Le monde en marche et Continuité. Les trois premiers sont des spots, des moments données, des informations, des bouts d’histoires, bref des vignettes qui mettent le background en place, alors que Continuité correspond à l’histoire du roman, aussi certaines de ces vignettes sont en rapport directe avec l’histoire.

Du coup, au début, c’est assez déstabilisant car, je n’ai rien compris au truc. Cependant j’ai réussi à vite m’y faire et même apprécier ce procédé.

Continué narre l’histoire de deux colocs, un afro-américain et un blanc (oui le thème du racisme est présent dans ce roman). Le problème est que ces personnages et leurs histoires m’ennuient. En fait, rien n’est fait pour que je les apprécie. Ils vont se retrouver dans deux plots, d’une part une corporation qui souhaite acheter le pays Beninia et d’autre part, l’espionnage d’un pays asiatique qui comporte un généticien capable de créer des nouveau-nés génies.

Oui, sur le plot, ça a l’air sympa, j’avoue. D’autant plus que le monde que décrit John Brunner est surpeuplé, la pratique de l’eugénisme est quasi à son paroxysme, etc., bref, il y a donc de quoi prendre son pied. Mais malheureusement, ça n’a pas été mon cas. J’ai trouvé beaucoup de redit, notamment sur l’eugénisme (beaucoup de pages/chapitres pour dire la même chose). Pourtant ce roman comporte un passage excellent à ce sujet : contexte 22, La mère et l’enfant se portent bien ?, mais le radotage a rendu cela ennuyeux à mes yeux. Evidemment, en plus du contexte 22 que je trouve très intéressant, l’idée de pousser l’eugénisme (d’ailleurs, en France, c’est interdit par la loi) à son paroxysme est plus que discutable. Dans ce roman, le daltonisme vient d’être considéré comme une tare, tout comme le diabète (et plein d’autres maladies évidement). Donc toutes personnes ayant un background génétique possédant ne serait-ce qu’une tare génétique n’a le droit de se reproduire, voir doit être stérilisée. Alors que l’on sait très bien que l’on peut vivre sans problème en étant daltonien tout comme en étant diabétique (sous traitement insuline). En vérité, si on devrait stériliser toutes personnes avec une « tare génétique », toute la population serait stérile. Dans le roman, certains points intéressants sont mises en avant, notamment le fameux « nature vs nurture », car il est possible de posséder des gènes d’une maladie sans la développer (porteur sain, lorsque c’est une maladie récessive) et d’autres parts, certaines maladies (notamment neurologiques) sont multifactorielles (gènes + environnements), du coup, il est tout à fait possible d’avoir des gènes de prédisposition pour une maladie, sans jamais la contracter. Malheureusement, je trouve que l’auteur passe un peu trop vite sur ce débat, qu’il expédie en deux, trois phrases. Ensuite, il aborde un autre point intéressant, celui du racisme et de l’eugénisme. Dans le roman, certaines personnes souhaitent que les gènes donnant un taux élevé de mélanine soit considérés comme une tare génétique. Mais encore une fois, j’ai l’impression que c’est vite dit, vite expédié. Alors que des pages et chapitres entiers ressassant une énième fois que dans le monde du roman, il y a pratique extrême de l’eugénisme. Oui, c’est bon, on a compris, il faut en discuter maintenant.

Outre ces aspects eugénismes et surpopulations, le reste m’a ennuyée. Je n’ai pas trouvé intéressant l’aspect « corporation, sous la gouverne d’un ordinateur que tout le monde respect, achète un pays africain ». Bon, pour être plus claire, cette idée aurait pu être intéressante sous plusieurs points (d’autant plus que ce pays est un peu spécial), mais la façon dont l’auteur mène l’histoire m’ennuie, sans parler de ses personnages dont je n’en ai rien à secouer. De même pour le généticien, ça aurait dû me faire jubiler et bien non, pas une goutte.

Sinon, les femmes sont soit des putes, soit des génitrices (si elles n’ont pas de tare génétiques évidement, tout comme les hommes avec qui elles se reproduisent, re-évidement).

Bref, j’ai trouvé cette lecture fastidieuse, ennuyeuse et chiante à mourir, avec des personnages principaux dont je m’en bats les couilles. Tout comme Sur l’onde de choc du même auteur, il y a matière à réflexion avec des idées intéressantes, mais son style et ses histoires m’ennuient profondément. Je m’arrête là pour les romans de John Brunner.

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