Stalker de Boris et Arkadi Strougatski

couv74990942Stalker des frères Boris et Arkadi Strougatski fait partie des classiques de science-fiction qu’il faut, semble-t-il, lire. Ça tombe bien le synopsis m’a bien donnée envie. Sauf que je dois avouer m’être faite chier tout le long du roman.

Synopsis
Des Visiteurs sont venus. Sortis d’on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d’un chemin.

Les auteurs nous parlent des Stalkers, ces hommes qui vont dans les zones précédemment occupées par les visiteurs pour y chasser des objets laissés par ces derniers avant leur départ. Alors que l’armé et les chercheurs squattent ces zones pour en savoir plus, les stalkers les pillent pour se faire de l’argent en revendant les objets dont on ne sait rien et aux propriétés inédites. Certains objets ont permis une évolution technologique, d’autres ne sont pas encore identifiés ou font l’objet de légende.

A côté de ce contexte intéressant, on ne saura strictement rien sur les visiteurs et pas tant que ça sur les objets non plus. Ce roman est surtout une vision du Stalker fasse à cette « chasse au trésor » à leur risque et péril car ces zones ont des effets déléterres. Un stalker qui part sur l’une des zones ne sait pas s’il en reviendra ni comment tellement que les effets peuvent être important. D’ailleurs, on le voit à travers les discussions, rencontres et connaissances des Stalkers touchées par ces zones.

Malheureusement, je n’ai pas du tout aimé le style de ces auteurs. La lecture ne m’a pas du tout était agréable. Ensuite, je me suis plutôt ennuyée tout le long. Le style n’aidant pas, l’histoire ne m’a pas du tout emballé (il n’y a pas vraiment de scénario finalement).

Le point fort du roman est une discussion autour de l’être humain, de sa condition, et de sa condition face aux événements qu’ils ne maîtrisent pas (ici les zones, leurs effets, les objets, les hypothèses sur la visite des visiteurs, etc.). J’avoue que toute cette partie m’a aussi ennuyée ferme, pourtant ce n’est pas mauvais. J’ai trouvé la discussion entre le savant et l’ingénieur excellente. En plus d’établir des hypothèses sur la visite des visiteurs (on comprendra pourquoi le titre original du roman se traduit par pique-nique au bord du chemin), les auteurs développe aussi  le rapport des humains face à la connaissance et à la technologie. C’est intéressant de voir qu’aujourd’hui avec tous nos ordinateurs, voitures etc, les gens ne savent toujours pas comment fonctionnent les objets de la vie de tous les jours. Aussi, à aucun moment, ils n’ont la curiosité d’apprendre ou juste de chercher à comprendre dans les grandes lignes. Tant que ça marche lorsqu’ils appuient sur le bouton « ON » c’est tout bon. Autant dans le roman, la discussion porte sur les objets extraterrestres, mais de nos jours, on sait comment fonctionne un ordinateur par exemple (je ne parle pas aux niveaux quantiques ou quoi, mais juste de l’assemblage d’un ordi par exemple, le but de chacun des composants etc). Après il y aura toujours des choses qui fonctionneront sans que l’on ne sache pourquoi, mais qui s’éclairciront au fur et à mesure grâce à l’avancé des connaissances. Peut importe le cas, ça ne nous empêche pas d’utiliser ces objets technologiques.

« — Moi aussi, dit Valentin. Mais le malheur est que l’homme, en tout cas, l’homme des masses, celui dont vous parlez quand vous dites “pour nous” ou “pas pour nous”, arrive très facilement à vaincre son besoin de connaissances. À mon avis, ce besoin n’existe pas. Il y a le besoin de comprendre qui ne nécessite pas de connaissances. Par exemple, l’hypothèse de Dieu donne la possibilité inégalable de comprendre absolument tout sans rien apprendre… Donnez à l’être humain un schéma du monde extrêmement simpliste et interprétez chaque événement sur la base de ce modèle simplifié. Cette approche n’exige aucune connaissance. Quelques formules apprises par cœur, plus ce qu’on appelle l’intuition, l’entregent et le bon sens. »

« — Aussi amusant que cela puisse paraître, assez peu. Nous avons découvert beaucoup de choses miraculeuses. Dans certains cas nous avons appris à utiliser ces miracles pour nos besoins. Nous nous y sommes habitués… Un singe appuie sur un bouton rouge et reçoit une banane, il appuie sur un bouton blanc et reçoit une orange, mais il ne sait pas comment se procurer des bananes et des oranges sans boutons. Il ne comprend pas non plus quel rapport existe entre les boutons et les fruits. Prenons, par exemple, les “batteries”. Nous avons appris à les utiliser. Nous avons même découvert les conditions de leur scissiparité. Mais jusqu’ici nous n’avons pu fabriquer aucune “batterie”, nous ne comprenons pas comment elles fonctionnent et, visiblement, ne sommes pas près de le comprendre… Voilà ce que j’en pense : il y a des objets que nous avons appris à utiliser. Nous les utilisons, mais pas comme le font les Visiteurs, c’est presque certain. Je suis totalement convaincu que dans la plupart des cas nous enfonçons des clous avec des microscopes. Mais malgré cela, nous en utilisons certains : les “batteries”, les “bracelets” qui stimulent les processus vitaux… les types différents de masses quasi biologiques qui ont effectué une telle révolution dans la médecine… Nous avons reçu de nouveaux tranquillisants, de nouveaux engrais minéraux, ce qui a causé une révolution dans l’agronomie… Au fait, pourquoi vous les énumérer ? Vous êtes au courant aussi bien que moi : je vois que vous-même, vous portez un “bracelet”… Appelons ce groupe d’objets “utiles”. On peut dire que dans une certaine mesure ils ont joué un rôle de bienfaiteurs envers l’humanité, bien qu’il ne faille jamais oublier que dans notre monde euclidien chaque bâton possède deux bouts… »

Bref cette discussion dont j’ai tiré ces deux extraits et la salle partie du roman qui m’a intéressée, le reste m’a ennuyée. Comme le roman est court (222 pages), j’ai pris le temps de le finir, sinon je pense que j’aurai abandonné la lecture.

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