Meurtre dans un jardin Andalou de Patrick Llewellyn

couv56199280J’ai découvert, il y a quelques jours, l’auteur Patrick Llewellyn avec son conte de crime (oui je l’appelle ainsi), Le Fantôme de Pont-Saint-Rémy, dont j’avais adoré l’immersion et la plume de l’auteur. Du coup, j’ai enchaîné avec Meurtre dans un jardin Andalou, de ce même auteur, que j’ai lu en deux fois et je peux vous dire que ça m’a embêtée de devoir stopper ma lecture pour d’autres trucs à faire, car j’ai ultra dévoré cette lecture ! Ce polar est génialissime, vraiment !

Synopsis

Dans l’Andalousie arabe de l’an 950, un grand seigneur, Yahya ibn al-Kutiya, trouve la mort au pied d’un figuier dans son merveilleux jardin. Amaury, jeune médecin chrétien, appelé en urgence, n’a pas de doute sur la cause de la mort : l’empoisonnement au népenthès. Commence alors une difficile enquête, confiée à Amaury et diligentée par son mentor, Hasdaï ibn-Shaprut, savant juif, médecin et conseiller personnel du calife Abd al-Rahman III. Qui a tué ? L’épouse délaissée ou la concubine avide ? Les ennemis politiques de Yahya qui s’opposent farouchement au soutien actif qu’il apportait à la politique d’ouverture sociale et religieuse du calife ? Querelle de harem ou complot de cour ? Ou les deux ? Le chroniqueur ouvre la porte d’un voyage de rêve dans l’espace et dans le temps, plein de nostalgie, qui plonge le lecteur au cœur d’une civilisation à jamais perdue, faite de profonds savoirs, de richesses fabuleuses, d’extrêmes raffinements, de cruauté et de sang. Viendrez-vous nous y rejoindre ?

Immersion du roman

L’auteur nous transporte en Andalousie arabe de l’an 950, cette immersion est vraiment très bien faite à l’aide des descriptions, des us et coutumes de cette époque en ses terres et du style de l’auteur. À aucun moment c’est lourd ou c’est ennuyant, jamais. D’ailleurs, l’auteur, par le style utilisé dans ce roman, nous embarque dès la première page jusqu’à fin avec explication historique de cette Andalousie et des personnages ayant réellement existés. Bref, j’ai été totalement transporté !

Enquête policière

L’enquête policière est bien ficelée, bien trouvée et bien amenée ! J’ai donc été satisfaite de celle-ci. Elle commence par la découverte d’un corps et se continue par l’investigation par un médecin, qui finalement accepte ce rôle « d’enquêteur », jusqu’à sa résolution. De là, on rebondit d’informations en indices, l’auteur jongle entre les hypothèses au point de nous « perdre » (ce que j’adore dans un polar), dans le sens où en avançant dans l’histoire, certaines hypothèses se confirment puis finalement s’infirment pour d’autre et retour sur l’hypothèse de départ, etc. Bref on avance avec et en même temps qu’Amaury (le médecin, qui enquête), on essaie de résoudre l’affaire en même temps que lui (et ça je kiffe). Vers la fin, lorsque l’un des noms de personnage est cité, en plus de son statut et des événements ayant lieu en même temps, j’ai compris le but de ses meurtres, mais je n’avais aucune idée de comment les personnes et suspects en étaient vraiment impliqués ou pas. C’est donc une belle réussite polaristique à mon avis, car j’ai réussi à mettre le doigt sur quelques informations liées à la solution, mais pas toutes, et ça j’aime. D’autant plus que c’est bien ficelé et tout est logique. Bref, le pied comme polar à lire.

Les personnages

Les personnages sont très charismatiques et/ou intéressants dans leur rôle. Évidemment, l’auteur s’attarde plus sur les personnages principaux, mais il ne délaisse pas moins les personnages secondaires ou tertiaires. C’est le genre de roman policier, que j’adore, parce que chaque personnage a son rôle à jouer, même minime, sans pour autant crouler sous la masse de personnages.

J’ai adoré le médecin Amaury, personnage principal, qui mène l’enquête. J’ai adoré son côté respectueux et intègre, à la recherche de la vérité, un peu malgré lui vu qu’il n’est pas détective. Mais aussi du respect qu’il a envers les autres personnes, le passage en face du Vizir est très bien retranscrit, j’imaginais très bien la scène. Mais aussi face à sa femme, son mentor et les esclaves.

La femme d’Amaury est géniale, aussi, son rôle est important et c’est une personne forte, tout en gardant le « statut de femme » de cette époque. Une personne de l’ombre importante. D’ailleurs, la décision finale, en rapport avec elle, est très intéressante.

Le mentor est aussi un personnage à fort charisme, une sorte de professeur-médecin influent, à la fois juste et aidant, tout en gardant un certain réalisme (je pense à ses consultations par exemple).

Autre personnage très charismatique et à la prestance inégalée, le Vizir. La fin de ce roman en est majestueuse ! Le Vizir est à la fois juste et autoritaire. Une sorte de dualité des deux extrêmes, mais face à ses idées et son époque (donc dans le contexte du roman), je ne peux lui en vouloir, je comprends et quelque part finalement, j’approuve, alors que c’est loin d’être un enfant de chœur. C’est vraiment LE personnage le plus emblématique et celui, qui suscite le plus de questionnement par ses faits, actions, pensées et dires !

Aspect historique

En plus du roman, l’auteur a ajouté une annexe explicative de l’aspect histoire, des diverses populations et personnages importants de cette époque. Mais le roman, en lui-même, reflète une réflexion et un questionnement très intéressant concernant le point de vue et l’interprétation de la parole de Dieu (dans ce cas Allah) à travers deux groupes de religieux, d’une part les conservateurs et d’autres par les progressistes. C’est vraiment très intéressant, ce conflit, car il y a d’un côté ceux, qui pensent qu’il faut tout bannir (connaissance, livre, science, etc.) et ceux, qui au contraire, pensent que si Allah a créé l’Homme curieux et intelligent, c’est pour qu’il répand cette connaissance, alors que ces deux types de personne, aux idéaux totalement opposés et contradictoires, croient au même dieu et au même texte sacré. Sans parler, de la présence des populations des trois religions monothéistes en cette même terre (le vizir musulman à comme conseillé/médecin un juif par exemple) et ils cohabitent ensemble. Il n’y a pas besoin d’être religieux (moi-même athée) pour prendre part à cette réflexion importante et la voir dans ce roman. C’est aussi ça qui fait la puissance de ce roman, en plus d’avoir appris plein de choses.

Conclusion

Meurtre dans un jardin Andalou de Patrick Llewellyn est un excellent roman policier historique, dont l’auteur, de son excellente plume, nous transporte avec brio en Andalousie arabe en 950. L’enquête est très bien menée, logique et bien ficelée. Les personnages sont charismatiques et intéressants. L’aspect historique est très bien présenté sans jamais être lourd. C’est un excellent roman, qui mérite largement sa note 5/5 !

3 Comments

    • Patrick LLewellyn Reply

      Ne vous retenez pas, faites, lisez 🙂 Vous y trouverez même des recettes andalouse de l’époque (pour un cuisinier amateur comme moi, la tentation était trop forte).

  1. Patrick LLewellyn Reply

    Bonjour Helran.

    Merci beaucoup pour cette magnifique critique. Je m’empresse de la partager sur ma page Facebook et sur Twitter 🙂

    J’ignorais que j’avais des lecteurs jusqu’en Finlande. La magie d’internet, j’adore ! J’ai eu la chance, dans ma vie professionnel, de venir plusieurs fois à Helsinki, en descendant au Kamp. Excellents souvenirs ! J’y retournerai avec plaisir.

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Facebook, j’aurai plaisir à vous y retrouver : patrick.llewellyn.5

    Très bonne année 🙂
    Patrick

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