1275 âmes de Jim Thomson

couv9497322Qui dit nouvelle année dit nouveau challenge lecture avec le fameux ABC 2012 dont j’ai déjà fait un article à ce sujet. J’ai donc commencé par lire 1275 âmes de Jim Thomson et je n’ai pas spécialement apprécié ce polar.

On se retrouve en pleine Amérique profonde dans le comté de Pots où réside un shérif Corey rednek (beauf) comme ses habitants mais qui en plus n’en fait pas une. Il ne joue pas son rôle de Shérif comme il le faut, au contraire, il fuit tout problème qu’un shérif se doit de résoudre. D’autant plus que sa femme est horrible et le traite de tous les noms et comme un moins que rien. Sans oublier son beau-frère qui vie avec le couple et qui est attardé et passe son temps à reluquer par les nanas par leurs fenêtres. On se retrouve à une période de l’Amérique où les noirs sont traités comme des moins que rien, comme des êtres sans âme et sans considération, un nègre vaut rien comparé à un blanc et encore plus à Pots où les gens sont de gros beaufs et où les mecs sont des ivrognes et battent leur femme.

Sauf que le shérif Conrey, en plus de devoir gérer son horrible femme et son beau-frère, doit aussi gérer deux maîtresses possessives et penser à l’élection du shérif dont il doit assurer sa réélection, car il ne sait rien faire d’autre qu’être payé à rien faire. Alors que tout le monde le prends pour un moins que rien incapable, trop gentil, trop bon, trop con, il a décidé que la situation allait changer. Il allait enfin agir et faire quelques choses. S’en suit une série d’évènements  machiavéliques planifiés et préparés plus ou moins à l’arrache.

Je n’ai pas aimé spécialement ce livre. Tout d’abord le style d’écriture, comme la narration est à la premier personne, toute la première partie du livre est écrit à la rednek, imaginez un beauf qui vous parle avec des tournures de phrases et expressions bizarres dont la syntaxe n’est pas très respecté, sans compter les mots à moitié avalé et les répétitions. Bref, ça m’a vraiment ennuyée, heureusement plus tard dans le livre, il se met à parler bien mieux suite à une remarque d’un des personnages principaux.

La succession des évènements et le rythme sont bons et malgré ce style en début de livre, il reste simple et lisible sans soucie. Les personnages sont détaillés et soit on les aime, soit on ne les aime, mais on se rend vite compte qu’ils sont tous mauvais que ce soit dans le fond ou sans vraiment le faire exprès. J’ai l’impression que c’est un peu là que veut en venir le livre. Peut-on accepter certains faits des uns, car leurs victimes sont pires qu’eux ? (ce qui accessoirement voudrait dire dans le monde actuelle, peut-on accepter la peine de mort parce que les personnes qui sont dans le couloir ont fait des choses atroces ?) Mais aussi on se rend compte que finalement, et en tout cas dans le livre, il n’y a jamais vraiment qu’une seule personne impliquée, bien au contraire que ce soit entre la réussite à faire porter le chapeau sur les autres, ou bien à se décharger du boulot en le faisant faire, par la création d’une situation propice, par quelqu’un d’autre sans qu’il le sache, ou encore en étant témoin. Donc cette partie philosophique ne me déplait pas, mais c’est la façon dont elle est amenée, trop lentement, mal exploité à mon goût surtout parce qu’à la fin du livre on a des explications et révélations sur et par le shérif Conrey, qui sortent un peu de nulle part et au dernier moment. Il finit donc par mener une réflexion sur ces interrogations et en justifie certaines réponses et actes de la pire des manières qu’il soit à mon avis (je ne spolerais pas).

Au final, on ne se retrouve pas dans un polar où il y a des enquêtes, mais dans un genre où l’on suit des plans machiavéliques d’un homme et les réflexions humaines qui vont avec. Un style d’écriture très beauf (vu qu’on suit les réflexions, pensés et dialogues de beaufs) qui s’améliore. De l’action et des personnages qui ne nous laissent pas indifférent, donc pas d’ennuie à la lecture du livre, mais l’ensemble n’agit pas, ça reste fade. J’ai lu ce livre, comme j’aurais lu le bottin, sans y porter intérêt tout le long, sauf pour écrire cette chronique, si je n’avais pas eu à le faire, je n’aurais même pas menée de réflexion sur ce livre, l’expédiant directement aux oubliettes. Finalement, c’est une sorte de thriller sans la partie enquête et traque du suspect et c’est peut être ça qui a rendu cette lecture fade à mon goût.

Sinon, il y a des expressions assez marrantes comme : « En moins d’une minute, elle vous a retourné, empaqueté et ficelé Lennie au point qu’il serait incapable de retrouver son cul, même si on y avait attaché une clochette. »

Aussi, une idée reçue s’est retrouvée dans le livre. Quand on meurt, les poils et ongles ne continuent pas à pousser, c’est la rétractation de la chair et sa déshydratation qui rendent les poils et ongles plus visibles et apparents.

Enfin quelque définition de mot que je ne connaissais pas : Calte = Fuir ; Boulingrin = (jardinage) Rectangle allongé, entouré de bordures et de pentes artificielles. Mérinos = Race de mouton ou le textile dont il est issu.

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