L’Instinct de l’équarrisseur : Vie et mort de Sherlock Holmes de Thomas Day

couv18590682Je suis dans un délire steampunk dont le but est de lire les romans steampunk de base (Blaylock, Powers et Jeter), mais aussi des choses plus récentes dont L’Instinct de l’équarrisseur : Vie et mort de Sherlock Holmes de Thomas Day, que j’ai adoré.

Au départ, je n’aime pas les Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle. J’ai lu uniquement les deux premiers romans (Une étude en rouge et Le signe des quatre) le mettant en scène et c’est le genre de policier que je n’apprécie pas. Ceci dit, j’ai apprécié la façon dont Thomas Day a repris Sherlock Holmes, le professeur Watson et Arthur Conan Doyle dans son roman.

Ici, bien que Sherlock Holmes possède quelques caractéristiques de base à l’original, il est l’assassin royal ayant le droit de tuer sans se justifier, en plus de vivre dans un monde parallèle (Londen, version déformé de Londres) où vivent les Worsh, extraterrestre, cohabitant avec la population humaine. Arthur Conan Doyle vie dans son Londres Victorien tout en ayant la possibilité de basculer dans celui de Sherlock Holmes grâce à une machine inventée par Watson.

Voilà j’adore le délire et encore là, je ne plante pas tout le décor, préférant vous laissez découvrir les choses.

L’histoire du roman se déroule en 4 parties liées entre-elles, se déroulant dans Londres comme Londen et d’autres endroits. Impliquant Holmes, Watson, Doyle, Moriarty, Shiva, Palvish Thagada (un Worsh) et des personnages “références” qui rendent l’ensemble de l’histoire prenante et trépidante. Aucune des parties du roman ne m’a ennuyée et j’ai apprécié déceler des références littéraires bien que j’ai dû en louper beaucoup. Aussi, on fait très bien la différence entre le Londres de Doyle et Londen de Holmes et Watson grâce à l’utilisation de véhicule ou descriptions. Donc j’arrive à m’y retrouver sans problème et à apprécier le changement de décors dès qu’il a lieu. Par contre, c’est assez “cru” comme roman, pour ma part, je n’ai eu aucun problème, mais pour d’autre très sensible ? Mais c’est aussi, justement, l’une des particularités entre les deux versions de Londres.

Aussi, j’ai jubilé dans la partie “physiologie” du roman, bien qu’il faudrait arrêter de confondre hormone et neurotransmetteur. Non vraiment, beaucoup de gens utilise le mot hormone de travers en parlant de neurotransmetteur par exemple. Ici l’exemple : “« … L’hypophyse de cet homme sécrétait au moment de la mise à mort de sa proie un neurotransmetteur très particulier qui était alors inconnu du corps médical européen, une hormone que j’ai surnommée […] ». C’est une hormone ou un neurotransmetteur ? Car ce n’est pas la même chose. Bon vu que c’est secrété par l’hypophyse, qui est une glande, c’est une hormone, qui va donc agir sur sa cible en passant par la circulation sanguine (j’ai résumé là). Bien qu’une même molécule peut être une hormone et un neurotransmetteur, utiliser le bon terme permet de définir de ce que l’on parle.

J’ai aimé découvrir 4 personnalités différentes : Watson intelligent et dévoué à Holmes, le sadique et psychopathe, Doyle médecin et écrivain qui raconte les histoires édulcorées de Holmes et Palvish Thagada, le pacifiste comme son peuple, apportant le moment de réflexion sur la technologie et les sciences aux mains des mauvaises personnes.

Même dans un univers loufoque, on retrouve l’une des réflexions que la SF pose, ceci appuyant le côté intéressant du roman, en plus d’être divertissant, drôle, au scénario bien rythmé et possédant des références littéraires (d’ailleurs, l’auteur a pris soin d’ajouter, en fin de livre, une bibliographie des références et documents qu’il a consulté pour l’écriture de ce roman).

Après La trilogie Steampunk et les aventures d’Alexia Tarabotti, L’Instinct de l’équarrisseur : Vie et mort de Sherlock Holmes de Thomas Day confirme mon appréciation de la littérature steampunk.

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