L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson

couv42758285Il y a un livre que je voulais absolument lire, qui est L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson, en plus ça tombe bien, il est court, un peu moins de 100 pages. Aussi comme tout le monde, je connais le mythe de loin, de dos et dans le brouillard (expression qui veut dire que je connais le stricte minimum syndicale et encore). A savoir l’histoire de scientifique qui via une potion se transforme en M. Hyde (être vicieux et maléfique) et qui lui permet aussi de redevenir Jekyll. Sauf que M. Hyde va prendre le pas sur Jekyll de manière incontrôlé. Voilà, ce que je sais. Je ne sais rien du contexte autour, ni de ce que le livre raconte d’autre. C’est pourquoi je voulais le lire absolument. Sauf qu’au final, j’en ai été déçue, peut-être parce que je ne m’attendais pas un livre dépourvue d’action mais uniquement de réflexion.

A la fin de ce livre, j’ai eu la même sensation qu’à la fin du film l’exorciste. Je me suis dit « euh il est où l’horreur là ? Je ne vois vraiment pas en quoi il a fait tant de bruit ». C’est seulement qu’en remettant dans le contexte, 19ème siècle pour le livre (et je ne sais plus, mais aussi vieux pour l’exorciste) qu’en fait on se rend compte qu’il faisait peur pour l’époque à cause de la relation au diable et ses sous-tendus qu’il entend. Bon en gros, à cause d’une histoire de religion et pensé religieux assez borné qui en plus pensait encore à cette époque que les crises d’épilepsies (par exemple) était du au malin qui possédé l’âme de la personne. Bon vous voyez le genre. Donc forcément, un livre comme doc Jekyll et M. Hyde, qu’on pourrait associer ou faire référence aux dédoublements de personnalités (chose à l’époque aussi considéré comme une possession de l’esprit par satan), passe très mal dans l’esprit de l’époque. D’ailleurs cette citation montre qu’il y a bien une démarche dans le « bon / mal », cette dualité intégrante à l’homme quoi qu’on en dise et quoi que les religions le disent. D’ailleurs ce livre a un champs lexicales très porté sur la religion.

[…]par une coupure plus tranchée que chez la majorité des hommes, sépara en moi ces domaines du bien et du mal où se répartit et dont se compose la double nature de l’homme.

Dans mon cas particulier, je fus amené à méditer de façon intense et prolongée sur cette dure loi de l’existence qui se trouve à la base de la religion et qui constitue l’une des sources de tourments les plus abondantes. Malgré toute ma duplicité, je ne méritais nullement le nom d’hypocrite : les deux faces de mon moi étaient également d’une sincérité parfaite ; je n’étais pas plus moi-même quand je rejetais la contrainte et me plongeais dans le vice, que lorsque je travaillais, au grand jour, à acquérir le savoir qui soulage les peines et les maux.

Le style n’est pas simpliste, on a de longue phrase remplie de virgule, sans pour autant être compliquer ou ennuyeux à lire. D’ailleurs, j’ai pu apprendre plusieurs mots dont j’ignorais l’existence (cf au bas de l’article). Par contre ce livre m’a ennuyée. On suit une sorte d’enquête pas terrible, de la part du notaire du Dr. Jekyll, qui se demande quelle est le lien entre le fameux M. Hyde, nom qui apparait dans le testament, et Dr. Jekyll qu’il connait pourtant. Rares sont les évènements qui apparaisse, et le meurtre par exemple est à peine dit, on n’a pas de description ou infos à son sujet, on sait juste que c’est Hyde, l’auteur. Là n’est pas la question du livre, ca. Donc tout le long du livre on a les tergiversions ennuyeuses du notaire et le dernier chapitre, on a les révélations du Docteur Jekyll, sur lui et pourquoi Hyde. Voilà, c’est tout et c’est super ennuyeux.

Les mots que j’ai appris sont (les définitions proviennent du wiktionnary): Olographe = Entièrement écrit de la main de la même personne. Opprobre = très grande honte. Iniquité =  État de péché, la corruption des mœurs, le débordement des vices. Amphitryon = hôte chez qui l’on est invité à manger. Haillonneux = qui porte des vétements usés. Obséquiosité = défaut consistant à être exagérément ou artificiellement poli. Gibet = potence où l’on exécute ceux qui sont condamnés à être pendus. Abhorrer = avoir en horreur. Simiesque = qui rappelle le singe. Pede Claudo = du latin Pede poena claudo = Le châtiment suit le crime en boitants.

3 Comments

  1. Reply

    La différence entre nous, lecteurs actuels, et les lecteurs de l’époque, c’est que nous connaissons déjà l’histoire et son issue, ce qui ôte toute la surprise finale (parce que quand on lit attentivement, il n’est indiqué nulle part avant la dernière partie que Jekyll et Hyde sont une même personne) et donc une partie de la saveur de ce récit. Il ne m’a pas spécialement passionnée non plus, mais j’ai par contre apprécié l’analyse qui en a été faite dans un de mes cours.

    • Reply

      Oui c’est vrai qu’on est spoilé par le récit. Mais même sens ça, l’attrait pour l’histoire n’est pas la même par rapport à l’époque où elle a été écrite et maintenant. Après je veux bien te croire concernant l’analyse faite, je ne suis pas du tout capable d’en faire une et donc je passe peut être à coté d’une interprétation/analyse intéressante.


Reply