Les étoiles regardent aussi, tome 1 : Mendung de Julien Morgan

couv68159379Pour la LC de ce mois-ci sur le forum e-Lire, j’ai lu Les étoiles regardent aussi, tome 1: Mendung par Julien Morgan. De la Science-fiction dont voici le synopsis :

« Un demi-siècle après qu’un signal extraterrestre a été capté à l’observatoire de Lembang, en Indonésie, le vaisseau d’exploration le Geminga découvre, dans la constellation du Toucan, une planète qui pourrait en être l’origine. Malheureusement, à peine a-t-il débarqué dans le système solaire que le monde est attaqué par une armada de vaisseaux spatiaux et dévasté par des milliers d’explosions thermonucléaires. A la fois choqué par cette tragédie et inquiet des retombées politiques, l’entrepreneur Jari Orison lance une mission scientifique dans l’espoir de comprendre ce qu’il s’est passé. »

Je commence par deux choses que j’ai appréciées dans ce roman. D’une part le style, je l’ai trouvé agréable à lire. Enfin, j’ai trouvé ça intéressant l’idée de mettre des news en fin de chapitre. D’autre part les personnages, bien que nous ne les connaissons pas des masses, suivre ses scientifiques dans leur mission fût sympathique.

Le problème que j’ai eu avec cette histoire, c’est qu’elle me rappelle énormément une histoire similaire que j’ai déjà lu ou vu. Sauf que je ne sais plus d’où et du coup, j’ai passé la moitié du livre à essayer de trouver d’où j’ai lu/vu cette même histoire (pas le même nom de planète ou personnage, mais l’histoire en elle-même m’est beaucoup trop familière, d’ailleurs j’ai tout deviné dès la moitié du livre au moins). En fait, quand je trouve un roman banal (ce qui ne veut pas dire nul, banal n’est pas forcément péjoratif), ça ne me fait pas cette effet, même si ça sent un peu le déjà vu. Ici, l’histoire m’est vraiment beaucoup trop déjà vue et ça m’a gâchée la lecture malheureusement.

Sinon, il y a de l’action, sa avance sans temps mort et ça se lit bien. Il y a un côté économico-politique qui n’est pas déplaisant car ça influe sur la mission, ça donne de la force au background du roman (comme les “news” en fin de chapitre, qu’elles soient ou non liés à la mission). J’ai tout de même trouvé la dernière scène de fin kitsh à la “film de cinéma hollywoodien” mais au moins elle donne envie de savoir la suite, en espérant être surprise et que se soit moins prévisible aussi.

Un truc, qui m’a faite tiquée aussi, c’est une erreur scientifique. [SPOIL !] Sur la planète Mendung a une gravité plus forte que celle de la terre et une pression plus élevé aussi. Hors les Mendungiens sont de « géant » bipède, en fait ils font un peu plus de deux mètres cinquante. C’est là que ça coince beaucoup. Une planète à forte gravité (en tout cas, plus que la terre) devrait avoir des êtres plus petits et mastoques. A en lire la citation : « Un Mendungien était une créature d’un peu plus de deux mètres cinquante de haut, là encore en se basant sur la longueur des ombres au sol. […] Ils étaient bipèdes, se déplaçaient rapidement. […]Leurs jambes étaient larges, puissantes – autre conséquence physiologique de la gravité élevée sur leur monde. », Hormis les jambes larges et puissantes, la taille ne collent pas, dans la théorie, avec ce type de gravité et pression atmosphérique données dans le roman. Est peut-être même pour rapidité car physiologiquement, la consommation d’énergie devrait être grande. Du coup, j’ai un peu tiré des dents en lisant ça surtout que depuis le début, le vocabulaire scientifique est présent. Aïe. Ou alors, ils ont colonisés cette planète, mais strictement rien ne le suppose dans le roman au contraire. [/SPOILE]

Sinon, j’ai repéré une autre imprécision. L’un des types se dit, suite à un courant d’air, qu’il faut qu’il fasse vite, il n’a pas envie d’attraper un virus d’ici. Evidemment c’est le virus qui rend malade et non le coup de froid, la température ou le courant d’air. Il peut même se balader à poil par -20°C, qu’il ne tomberait pas malade tant qu’il ne rencontre pas le virus en question (et encore si c’est asymptomatique, il n’y verrait rien). Donc qu’il se dépêche ou pas, ce n’est pas ce courant d’air le problème. Tiens, ça me fait pensait que personne n’a pris le soin d’analyser le sol et l’air pour trouver des traces de virus ou bactéries avant de sortir comme ça.

Un autre truc, mais c’est en rapport avec le fichier epub lui-même, mon lecteur d’epub n’affichait pas du tout le sommaire contrairement aux autres ebooks que j’ai lu. Je veux dire, je ne pouvais aller d’un chapitre à l’autre, où juste voir combien il y a de chapitre et à quels « page » ils sont. Pas bien grave pour un court roman, c’est plus embêtant pour les longs, histoire de voir si je m’arrête de lire ou fini le chapitre par exemple, lorsque j’ai un truc à faire.

Au final, j’ai un avis très mitigé sur cette lecture, autre que le tiraillement de dent que j’ai eu suite à la description des Mendungien, l’histoire me rappelle beaucoup trop un que j’ai déjà lu et du coup, j’ai deviné la succession des événements majeur du milieu jusqu’à la fin car j’avais toujours quelques pages d’avances.  Dommage.

6 Comments

  1. Julien Morgan Reply

    Hum… intéressant 😀
    Tout d’abord, un grand merci pour la lecture et ce retour : être lu est plus important que tout le reste pour un auteur !
    Pour l’erreur scientifique, j’aurais spontanément (je l’avoue) émis le même raisonnement sur la taille des Mendungiens. C’est pourquoi j’en ai touché un mot à la personne du JPL qui a fait office de “conseiller technique” pour beaucoup d’éléments du roman, laquelle m’a fait remarquer que, sur Terre, la taille démesurée de certains dinosaures prouvait bien que la gravité n’a pas, comme on le pense (comme je le pensais), de grande incidence sur le gigantisme animal. La taille moyenne des principaux groupes d’animaux est, selon des recherches récentes, davantage liée au taux de certains gaz dans l’atmosphère (cf. cet exemple avec les insectes : http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/early/2010/03/04/rspb.2010.0001.full).
    Il ne me semblait donc pas déplacé d’avoir de grands Mendungiens, étant donné l’atmosphère très différente de Mendung.
    Pour le virus, c’est un peu plus compliqué : vous avez raison de pointer cette réflexion du personnage, qui n’a pas des masses de sens en l’état ; elle provient d’une scène que j’ai coupée, dans laquelle on explicite longuement l’impossibilité pour des virus Mendungiens d’interagir avec des organismes allogènes. (Laquelle scène coupe par ailleurs court aux analyses de sol, etc.) La réflexion du pilote voulait montrer (pour le dire franchement) qu’il n’y connaissait rien et n’était pas du tout dans son élément : l’espace ! 😀
    Pour le reste, je ne sais pas quel autre roman peut vous évoquer Mendung, et je ne peux pas aider. ^^
    Encore merci et longue vie à Caput-Mortuum ! o/
    Julien

    • Reply

      Je t’ai répondu sur le forum.
      Sinon, aucune idée d’où ça vient, ça ne me revient pas. Sinon c’est le seul bémol que j’ai trouvé (avoir plusieurs page d’avance) car le reste est bon 🙂

  2. Julien Morgan Reply

    Hum… intéressant 😀
    Tout d’abord, un grand merci pour la lecture et ce retour : être lu est plus important que tout le reste pour un auteur !
    Pour l’erreur scientifique, j’aurais spontanément (je l’avoue) émis le même raisonnement sur la taille des Mendungiens. C’est pourquoi j’en ai touché un mot à la personne du JPL qui a fait office de “conseiller technique” pour beaucoup d’éléments du roman, laquelle m’a fait remarquer que, sur Terre, la taille démesurée de certains dinosaures prouvait bien que la gravité n’a pas, comme on le pense (comme je le pensais), de grande incidence sur le gigantisme animal. La taille moyenne des principaux groupes d’animaux est, selon des recherches récentes, davantage liée au taux de certains gaz dans l’atmosphère (cf. cet exemple avec les insectes : http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/early/2010/03/04/rspb.2010.0001.full).
    Il ne me semblait donc pas déplacé d’avoir de grands Mendungiens, étant donné l’atmosphère très différente de Mendung.
    Pour le virus, c’est un peu plus compliqué : vous avez raison de pointer cette réflexion du personnage, qui n’a pas des masses de sens en l’état ; elle provient d’une scène que j’ai coupée, dans laquelle on explicite longuement l’impossibilité pour des virus Mendungiens d’interagir avec des organismes allogènes. (Laquelle scène coupe par ailleurs court aux analyses de sol, etc.) La réflexion du pilote voulait montrer (pour le dire franchement) qu’il n’y connaissait rien et n’était pas du tout dans son élément : l’espace ! 😀
    Pour le reste, je ne sais pas quel autre roman peut vous évoquer Mendung, et je ne peux pas aider. ^^
    Encore merci et longue vie à Caput-Mortuum ! o/
    Julien

    • Reply

      Je t’ai répondu sur le forum.
      Sinon, aucune idée d’où ça vient, ça ne me revient pas. Sinon c’est le seul bémol que j’ai trouvé (avoir plusieurs page d’avance) car le reste est bon 🙂

  3. Julien Morgan Reply

    Hum… intéressant 😀
    Tout d’abord, un grand merci pour la lecture et ce retour : être lu est plus important que tout le reste pour un auteur !
    Pour l’erreur scientifique, j’aurais spontanément (je l’avoue) émis le même raisonnement sur la taille des Mendungiens. C’est pourquoi j’en ai touché un mot à la personne du JPL qui a fait office de “conseiller technique” pour beaucoup d’éléments du roman, laquelle m’a fait remarquer que, sur Terre, la taille démesurée de certains dinosaures prouvait bien que la gravité n’a pas, comme on le pense (comme je le pensais), de grande incidence sur le gigantisme animal. La taille moyenne des principaux groupes d’animaux est, selon des recherches récentes, davantage liée au taux de certains gaz dans l’atmosphère (cf. cet exemple avec les insectes : http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/early/2010/03/04/rspb.2010.0001.full).
    Il ne me semblait donc pas déplacé d’avoir de grands Mendungiens, étant donné l’atmosphère très différente de Mendung.
    Pour le virus, c’est un peu plus compliqué : vous avez raison de pointer cette réflexion du personnage, qui n’a pas des masses de sens en l’état ; elle provient d’une scène que j’ai coupée, dans laquelle on explicite longuement l’impossibilité pour des virus Mendungiens d’interagir avec des organismes allogènes. (Laquelle scène coupe par ailleurs court aux analyses de sol, etc.) La réflexion du pilote voulait montrer (pour le dire franchement) qu’il n’y connaissait rien et n’était pas du tout dans son élément : l’espace ! 😀
    Pour le reste, je ne sais pas quel autre roman peut vous évoquer Mendung, et je ne peux pas aider. ^^
    Encore merci et longue vie à Caput-Mortuum ! o/
    Julien

    • Reply

      Je t’ai répondu sur le forum.
      Sinon, aucune idée d’où ça vient, ça ne me revient pas. Sinon c’est le seul bémol que j’ai trouvé (avoir plusieurs page d’avance) car le reste est bon 🙂

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