Le taulier : Confessions d’un patron de prison d’Olivier Maurel

couv49221327Sur le thème du milieu carcéral, j’ai déjà lu Dans la peau d’un maton d’Arthur Frayer. Pour continuer dans ce domaine, je me suis lancée dans la lecture de Le taulier : Confessions d’un patron de prison d’Olivier Maurel.

Synopsis
Depuis vingt et un ans, Olivier Maurel vit en prison. Pas derrière les barreaux, mais devant : c’est le patron. Des maisons d’arrêt surpeuplées aux centrales de haute sécurité, il a tout vu et aujourd’hui, il raconte la vérité crue de son métier, les rapports humains d’une intensité extrême qui font son quotidien, la violence, la misère, la folie. Avec une plume qui rappelle Michel Audiard et les meilleurs polars, ce « taulier » livre des récits d’une puissance inattendue : la prise d’otage dont il a été victime, les mutineries qu’il a dû gérer, les mutilations que s’infligent les détenus, la tragédie des suicides – qu’il s’agisse de gardiens ou de détenus. Il aborde avec honnêteté tous les sujets sensibles : l’état des centrales et des maisons d’arrêt, l’islamisme, la drogue, la sexualité.

Nous suivons le témoignage d’un directeur de prison, qui a plusieurs année dans le métier et vu/dirigé plusieurs prisons. C’est donc très intéressant d’avoir son point de vu par rapport à ce qu’il a pu voir et vivre en tant que maton.

Certaines généralités sont communes au témoignage de « La peau d’un maton », comme les pédophiles qui doivent être maintenue séparés des autres détenus pour leur sécurité. Une sorte de hiérarchie du crime où même les pires criminels détestent les pédophiles.

L’auteur aborde plusieurs thématiques : les otages, la religion, les évasions, les tentatives de suicides, les agressions, les types de condamné, les rencontres avec la famille, etc. Mais ce qui m’a le plus intéressé concerne les détenus atteints de problèmes psychiatriques. C’est justement un gros problème. D’une part, il n’y a sûrement plus de place en hôpital psychiatrique (là où ils devraient être) mais en plus, ils peuvent refuser de prendre leurs traitements en prisons (donc potentiellement impossible de les stabiliser), qui sont pleines, et enfin, il est, pour le moment, impossible de soigner les maladies psychiatriques (en fonction du type de maladie et des traitements, il est possible de les stabiliser). Il y a donc un problème et, semble-t-il, une impasse. Doivent-ils être en prison ? En hôpital psychiatrique ? Doivent-ils suivre obligatoirement un traitement même en prison ?

Un autre thème intéressant, mais que l’auteur aborde en deux phrases, concerne les bracelets électroniques. Comme suggère l’auteur (sauf erreur de ma part, car mal lu), son utilisation à plus grand échelle pourrait être une solution pour certains détenus. Je ne sais plus dans quel contexte, l’auteur en parle. Mais il est évident que ça relève une question morale. Qui peut y avoir droit ? Jusqu’à quels délits/crimes autorise-t-on quelqu’un à rester chez lui et alentour (donc avoir quasiment une vie normale même si limité en déplacement), alors que d’autres sont enfermés en prison, avec tous les problèmes que ça comporte ?

En conclusion, Le taulier : Confessions d’un patron de prison d’Olivier Maurel est un livre vraiment intéressant qui nous donne le point de vue d’un directeur de prison, ses anecdotes, ses craintes et l’envers d’un décors si fragile.

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