Le meunier hurlant d’Arto Paasalinna

couv70045137Le meunier hurlant est le 5e roman d’Arto Paasalinna, que j’ai lu et c’est celui que j’ai le moins aimé.

Synopsis

Un petit village du nord de la Finlande, peu après la guerre, voit arriver un inconnu qui rachète et remet en marche le vieux moulin. D’abord bien accueilli, le nouveau meunier Gunnar Huttunen a malheureusement un défaut : à la moindre contrariété, il se réfugie dans les bois pour hurler à la lune, empêchant les villageois de dormir. Ces derniers n’ont dès lors qu’une idée, l’envoyer à l’asile.

Mais Huttunen, soutenu par la conseillère rurale Sanelma Käyrämö, est bien décidé à se battre pour défendre sa liberté.

Bien que les thèmes abordés (la folie et la différence) soient intéressants, ce roman m’a plutôt ennuyée dans son ensemble. J’ai apprécié le personnage de Gunnar, différent avec un brin de folie sans être aliéné mental non plus, qui achète un moulin dans un village en Laponie. Nouveau dans ce village, sa « folie » ne convient pas aux autres résidents, même si Gunnar a beaucoup apporté à ce village grâce au moulin ou ses compétences en réparation. Mais voilà, il est différent, pas vraiment fou dangereux, juste un peu lunatique. Ce roman aborde donc la difficulté d’intégration dans un groupe déjà formé lorsque l’on est un peu différent, même si on apporte énormément à ce groupe. Mais aussi, il aborde la difficulté à quantifier la folie, à partie de quand, il faut internet ? Le roman se déroule juste après la Seconde Guerre mondiale, donc les neurosciences cognitives n’étaient pas non plus ultra développé et les connaissances en maladie mentale encore difficile à ségrégé. Mais dans ce roman, il y a aussi, le rôle du médecin incompétent qui joue beaucoup associé à la peur irrationnelle et ça propagation au sein de la population sans aucune forme de procès ou d’explication pour Gunnar.

Le problème c’est que l’histoire de Gunnar ne m’a pas spécialement transportée, d’autant plus que les personnages, aux caractéristiques plutôt simples, ne m’ont pas intéressant. Ils sont légèrement caractérisés et ce n’est pas ça qui m’a ennuyée, d’autant plus qu’on a l’impression de découvrir leurs personnalités en même temps que Gunnar. Mais dans l’ensemble, ils restent fades à mon goût comme leurs relations plutôt simplistes hormis un ou deux personnages.

On retrouve quelques éléments des Prisonniers du paradis, comme la distillerie cachète dans la forêt et on retrouve « la fuite » qui est un élément récurrent des livres d’Arto Paasilina. Donc, sa patte est bien présente, mais je trouve que son humour (que j’avais adoré dans Petits suicides entres amis ou même Les dix femmes de l’industriel Rauno Rämekorpi) est absent de ce roman (ou alors trop subtile pour moi ce coup si).

En conclusion, Arto Paasilinna réussit à aborder et développer des thèmes spécifiques (dans ce cas : la folie et la différence), comme il sait le faire dans ses autres romans, mais malheureusement, le scénario possède des longueurs en plus de ne pas être captivant, tout comme les personnages autres que Gunnar. Dommage, je n’ai pas spécialement apprécié cette lecture, même si elle se lit vite et bien (le style d’Arto Paasilinna est fluide et agréable).

Mon prochain roman de cet auteur devrait être Le fils du dieu de l’orage, qui est dans ma pile à lire. Pour le moment, mon préféré reste : Petits suicides entres amis, suivi du Prisonniers du paradis, ensuite Le lièvre de Vatanen et Les dix femmes de l’industriel Rauno Rämerkorpi et loin derrière cette lecture du Meunier Hurlant.

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