La voix du feu d’Alan Moore

couv49575147La lecture commune de ce mois-ci sur Planète SF est La voix du feu d’Alan Moore. Je connais Alan Moore à travers les comics où il a fait d’excellentes choses. Malheureusement, avec La voix du feu ça ne passe pas du tout et pourtant, je trouvais le synopsis très attrayant : C’est à la reconstitution d’un puzzle littéraire qu’Alan Moore, l’extraordinaire auteur des Watchmen et de from Hell nous invite ici: celui de l’histoire de sa ville natale, Northampton. Dans chacun des douze chapitres, de -40 000 av. J.-C. jusqu’à nos jours, la cité britannique nous apparaît à travers le regard d’un nouveau narrateur, témoin de son époque et de l’évolution d’une région qui semble condamnée à baigner entre mythe et réalité. Douze voix, donc, pour douze récits de vie et de mort: un simple d’esprit, abandonné par les siens, découvre l’amour et le mensonge dans le néolithique; un chasseur médite sur la disparition soudaine des gens de son clan ; en trouvant une fausse pièce de monnaie, un envoyé de Rome prend conscience de l’imminence du déclin de l’Empire romain ; une vieille nonne visionnaire revit la mort d’un martyr ; de retour des Croisades, un chevalier fait ériger une mystérieuse église ronde dans son village ; une sorcière relate son parcours avant de finir sur le bûcher avec son amante; un vendeur de jarretelles itinérant en instance de procès s’efforce de. Justifier ses penchants polygames… Jusqu’à l’auteur, enfin, qui nous expose ses réflexions et nous offre une visite guidée de la ville qui l’a tant inspiré. Il est ici beaucoup question de sorcellerie, de vérité et de mensonge; du feu, bien sûr, celui qui immole les coupables comme les victimes et par lequel se forge toute civilisation. Une réflexion inoubliable sur la versatilité du réel et sa propension à pencher à tout instant vers le surnaturel, sur la mort, l’au-delà, la réincarnation et l’immortalité, sur l’histoire enfin, inséparable compagne des mythes et des légendes.

J’apprécie beaucoup l’idée des successions histoires (une histoire différente par chapitre) qui se déroule dans le même lieu, la ville de Northampton, et qui ont une thématique similaire, les croyances/mythes/religions.

Mon problème vient principalement du style de l’auteur. La première nouvelle est absolument horrible à lire. Le narrateur est un attardé de l’an -4000 et l’auteur a écrit comme le narrateur pense/parle. C’était aussi le cas dans Niourk ou Des fleurs pour Algernon, sauf que dans ces deux cas cités, les personnages principaux évoluent et leurs langages aussi, ça fait donc partie entière de l’évolution du personnage. Sauf qu’ici, non seulement, il n’y a pas d’évolution mais en plus c’est une nouvelle trop longue. C’est déjà dur à supporter sur 3 pages alors toute la nouvelle, c’est terriblement indigeste.

Les autres nouvelles sont écrites normalement, mais l’auteur a un style que je trouve désagréable à lire. Je trouve la lecture pas fluide du tout et ce n’est pas une question de style incisive. Du coup, je lutte pour lire les nouvelles et je finis par perdre de l’intérêt aux histoires, qui d’ailleurs ne m’intéressent par spécialement. C’est là, le second problème que j’ai avec ce roman. Il m’ennuie profondément. Hormis la nouvelle sur le mec qui comprend le déclin de Rome grâce à une fausse pièce (je trouve ça vraiment bien vu), les autres histoires me sont passées par-dessus. Je n’ai pas réussi à m’attacher (ou détester, bref un truc quoi) aux personnages, ni à leurs histoires dont j’ai déjà oublié une bonne partie d’ailleurs (je précise que je me suis déjà attachée à des personnages à peine développés dans des nouvelles, donc ce n’est pas qu’une question de format court). Finalement, je pense que le style en a fait aussi beaucoup à mon désintérêts pour les histoires du livre.

Ce roman est donc un combo de ce que je n’aime pas (style désagréable à lire + histoires qui m’ennuient), alors que j’aime beaucoup l’idée de ce roman et des confrontations sur les mythes et croyances à différentes époques.

P.S. : J’ai l’impression d’avoir déjà lu les 4 dernières nouvelles du recueil, mais je n’ai aucune idée d’où. Ce n’est peut-être qu’une impression.

 

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