Des milliards de tapis de cheveux d’Andreas Eschbach

couv41635742Je viens de finir Des milliards de tapis de cheveux d’Andreas Eschbach, qui est une lecture SF particulière mais intéressante.

Synopsis :

Quelque part aux confins de l’empire se niche une planète que seule une curieuse coutume distingue de ses consœurs : depuis des temps immémoriaux, les hommes, tisseurs de père en fils, y fabriquent des tapis de cheveux destinés à orner le palais des étoiles de l’empereur.

Pourtant, certains, tel cet homme au passé nébuleux qui prétend venir d’une lointaine planète, racontent que l’empereur n’est plus. Qu’il aurait été tué par des rebelles.

Mais alors, à quoi – ou à qui – peuvent donc servir ces tapis ?

C’est une lecture particulière, car les chapitres sont plutôt décousus les uns des autres tel un recueil de nouvelle sur un thème précis et elle explique au fur et à mesure l’univers dans lequel baigne la civilisation humaine (répartie sur plusieurs planètes/galaxies) et in fine l’explication des milliards de tapis de cheveux. J’ai compris qu’il n’y avait donc pas de héros ou groupe de personnes que l’on suit tout le long du récit, mais des points de vus différents ou explications sur ce qui se trame avec l’empereur.

C’est donc différent de ce que j’ai l’habitude de lire, mais dans ce cas-là, c’est très intéressant vu que l’auteur aborde différents points de vue, sur la religion, sa croyance inébranlable et la non-remise en question même face aux faits établis etc. C’est d’ailleurs le cas des populations qui fabriquent les tapis de cheveux, ils vivent dans une sorte d’archaïsme (alors qu’ailleurs le système de vaisseaux spatiaux et très développé), avec un système de caste (les tapisseurs de père en fils), jamais sorti de leur planète et non éduqué (hors lavage de cerveau), ils croient sans retenus que l’empereur est immortel, que c’est un Dieu et que sans lui, les étoiles et l’univers s’effondre, qu’il vénère et idolâtre dès la plus jeune enfance. De l’autre côté (enfin dans d’autres galaxies), nous avons des rebelles, qui savent très bien qui est l’empereur et qui, au contraire, ne connaissent pas du tout cette coutume des tapis de cheveux et ne comprennent pas le culte voué à l’empereur. Il détienne aussi la vérité sur l’empereur, qu’il essaie de transmettre tant bien que mal. Au milieu de ça, il y a ceux qui doutent de l’empereur, à leurs risques et périls. On retrouve donc, plus ou moins et en extrapolant, les athées, les croyants (fanatiques) et les agnostiques.

On a donc une excellente critique de la religion et du pouvoir que détient ceux qui la « domine » (je pense notamment à la partie qui explique que certaines personnes ne veulent pas que le culte déïste envers l’empereur ne tombe car ces personnes en question ont peur de perdre leur pouvoir/autorité).

Mais à côté de ça, il n’y a pas de personnage que l’on suit tout le long, donc j’ai eu du mal à m’accrocher de temps à autre, car je n’avais pas de personne à suivre (pourtant il y en avait plusieurs qui auraient vraiment mérité d’être développé !). Aussi, l’autre problème est que beaucoup de questions par chapitres restent en suspens, on se demande d’où viennent certaine personne, comment va se dégoupiller leurs histoires/événements, etc. Tout ceci, rend la lecture assez frustrante par moment. Mais une fois que j’ai accepté que ce livre était construit différemment, j’ai pu tout de même aller jusqu’au bout sans souci. C’est un livre pour les curieux (je pense), qui cherche quelques choses d’autres que des quêtes de héros dans le monde SF.

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