Dans la peau d’un maton d’Arthur Frayer

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J’aime bien connaître l’envers du décor de certain métier. Ceci dit, j’ai bien conscience que chaque interview ou témoignage reflète la vie professionnel d’une seule personne et non une généralité. Avec ça en tête, si un livre témoignage d’un métier qui me turlupine me passe sous les mains, je le lis avec intérêt. Ce qui fut le cas avec Dans la peau d’un maton d’Arthur Frayer, journaliste infiltré comme surveillant de prison en France.

Synopsis
Que savons-nous vraiment de la prison ? Uniquement ce que veulent bien nous en dire des détenus ou des membres de l’administration pénitentiaire.
Arthur Frayer a voulu aller plus loin. Pour voir par lui-même ce qui se passe dans ce monde clos, ce jeune journaliste a passé le concours de gardien de prison et est devenu, l’espace de quelques mois, un « infiltré ».
En stage à Fleury-Mérogis, puis en poste à Orléans, il raconte ses mois passés en détention. On découvre avec lui, en partageant son inquiétude, son étonnement et souvent sa colère, la réalité des maisons d’arrêt surpeuplées, les humiliations quotidiennes – pour les détenus comme pour les matons –, le désespoir et la folie, la roublardise de tous, le poids de l’enfermement.
Au fil des jours, toutes les certitudes du journaliste vacillent : comment rester juste ? Comment œuvrer à la réinsertion quand on doit exercer un métier épuisant dans des conditions si difficiles ?
De cette expérience hors du commun est né un récit bouleversant, d’une force rare.

On suit son périple de surveillant de prison depuis son admission (stages qui vont avec) jusqu’à son premier mois de métier (je veux dire, une fois affecté à une prison).

Ce journaliste nous raconte tout, la vie en prison, ses relations avec ses collègues, avec les prisonniers et lui-même face à ce métier.

J’aime bien lorsqu’il n’y a pas de blabla personnel sauf lorsque cela est en rapport avec le métier. Ici l’auteur nous parle rarement de sa vie privée autre que pour nous dire qu’elle est négativement affectée par son boulot de gardien de prison (auquel s’ajoute le boulot de journaliste). Pas besoin de nous donner des détails, on comprend très vite que l’épuisement et la pression de ce boulot doivent avoir de grosse répercussion sur la vie privée (entre les gardes, les heures sup, le boulot approuvant, l’impossibilité de refuser si appelé en renfort, l’épuisement etc.). Après, il y a tout de même un petit truc qui me fait tiquer. Je conçoit bien que le boulot est éprouvant moralement et physiquement (marcher plusieurs kilomètres par jours), mais, pour l’aspect physique, ça donne l’image d’un type qui soudainement découvre les boulots physiques (dans ce cas-là, il faut marcher, ça aurait pu être autre chose), car l’auteur a une façon de s’en plaindre qui m’ont fait penser “eh oui, il n’y a pas que des boulots où l’on est assis sur une chaise et le seul effort physique est d’aller aux toilettes ou la machines à café”. C’est la seule remarque que j’aurais à faire car tout le reste est très intéressant.

On découvre l’univers carcéral à travers ses yeux et ses relations avec les autres. On découvre vite qu’il y a une différence entre la théorie et règles enseignées et la réalité où il faut savoir passer outre certaine règle pour garder un peu de calme.

On découvre aussi qu’il y a des gens qui font leur boulot correctement et il y a ceux qui font de l’excès de zèle sans aucune raison. J’ai vraiment eu l’impression que ce genre de maton ne faisait que de créer des problèmes où il y en avait pas juste pour montrer sa soi-disant supériorité. J’avoue que ça me débecte (d’autant plus qu’il est dit que ce sont eux qui recevoir les bonnes notes lors des contrôles contrairement à ce qui font un boulot correct).

Mais il y a aussi la vie des prisonniers et ceux qui ne cherchent pas de problème, contrairement à d’autres. A côté de ça, la surpopulation carcéral et le manque d’effectif font que les conditions de vie, tant pour les prisonniers que les employés, sont détériorer. De simple truc à réparer, mais qui résoudrait un problème, ne le sont pas avant longtemps. Et ce qui m’a étonnée et de lire que certains matons s’en fiche royalement. Alors certes ça reste une prison, mais des fois c’est des trucs tellement basiques qui éviteraient des problèmes.

Enfin, cette lecture m’a confirmée un truc que l’on m’avait déjà dit, les prisonniers détestent les pédophiles. Dans certaines prisons, ces pédophiles et violeurs doivent rester dans une aile de la prison pour éviter de rencontrer les autres détenus.

Pour finir, d’autres thèmes relatifs à la vie carcérale sont abordés, mais je ne vais pas tout détailler ici, surtout que ce livre vaut vraiment le coup d’oeil pour toutes personnes curieuses ou intéressées par le sujet.
D’ailleurs j’ai un autre livre témoignage d’un maton dans ma pile à lire, je devrais le lire prochainement pour avoir un autre témoigne sur ce même sujet. Deux témoignages ne font pas une vue d’ensemble mais ça permet de compléter les choses et voir comment ça peut varier un professionnel à un autre.

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