Chroniques d’une humanité augmentée de Pascal Bléval

couv71989813En partenariat avec Livraddict et l’auteur Pascal Bléval, j’ai pu lire Chroniques d’une humanité augmentée. J’aime la SF, j’aime l’idée des interfaces hommes-machines, j’aime les robots et l’idée des androïdes (mi-organique mi-machine). Donc j’ai sauté sur l’occasion de découvrir cet auteur avec son recueil de nouvelles Chroniques d’une humanité augmentée qui aborde les thèmes que j’aime. Mais est-ce j’aime Chroniques d’une humanité augmentée de Pascal Bléval ? OH QUE OUI !

Synopsis
Julien Sciarmozzi a un problème. Un gros. Quelque chose cloche dans sa tête, il a comme des absences inexplicables. À moins que ce ne soit la réalité qui se trompe ? Nicolas ne se conçoit qu’au travers des réseaux sociaux. Est-ce dans le but de combler un manque affectif, ou pour une raison autrement plus sérieuse ? Et que dire de Marc, cet homme immergé dans un monde où chacun ne jure plus que par l’apparence virtuelle — en réalité augmentée — de ses collègues ? Perdus dans le mince interstice séparant le monde réel de l’univers virtuel, les personnages de cette saga familiale nous entraînent dans leur sillage… Oserez-vous franchir les limites du réel en leur compagnie ?

Le recueil est composé de 5 interstices entrecoupé de 4 nouvelles. Les interstices plantent le décor, des reflexions et les infos nécessaires à la compréhension de l’univers en peu de page. En peu de page certes, mais ça marche. L’auteur sait vraiment être concis et percutant dans ce recueil, ce qui est vraiment appréciable et nous évite de nous enliser dans des redites interminables.

Après le premier interstice, l’auteur nous plonge dans une nouvelle déstabilisante. J’avoue avoir eu peur, car j’étais totalement larguée dans le récit, tout comme le protagoniste qui a des trous de mémoire. On ne comprend pas ce qu’il se passe, le protagoniste non plus. C’est déstabilisant. Bref. J’ai eu peur que l’auteur nous mène dans un délire incompréhensible, mais en fait non ! A la fin de la nouvelle, on prend pieds et la suite du recueil (interstices et nouvelles) sont d’une excellente qualité !

L’auteur tient ses promesses en matière de SF et de « chroniques d’une humanité augmentée » où l’on suit l’évolution du virtuelle, des hommes-machines, du transhumanisme à travers les années. La concision et le style percutant de l’auteur rend l’ensemble de ce recueil de bonne qualité avec des questionnements très intéressants sur le futur du transhumanisme, sur ses capacités et problèmes et sur les différentes étapes de son évolution. Je ne sais pas si c’est le point de vu de l’auteur, mais j’y vois plus une critique de l’être humain que du virtuel en lui-même. L’idée de se défaire de notre corps organique et périssable n’est pas forcément une mauvaise idée en soit (à nouveau, je précise que ce n’est peut-être pas l’avis de l’auteur, mais juste c’est mon avis) et c’est d’ailleurs la seule façon que l’on peut envisager une quelconque conquête spatiale. Aussi, il y a, à l’heure actuelle, des gens qui cherchent à transférer le cerveau humain dans un robot*. C’est finalement un outil. Le problème, c’est l’être humain, qui même dénué de son corps, continue à répéter les même patrons d’actions/pensés. Je ne détaillerais pas ça ici, car le recueil l’aborde excellemment bien. L’auteur montre très bien qu’en fait avant ou après l’avènement du transhumanisme/virtualisation/homme-machine-android, il n’y a pas vraiment de différence sur le fond, juste dans la forme (et encore… cf. Corpus Modificandis la dernière nouvelle, mais je vous laisse le plaisir de la lire pour comprendre très vite de quoi je parle). Donc finalement, si la limite est le propre de l’humain à reproduire les même schémas, cela vaut-il le coup de pousser le transhumanisme et la dématérialisation jusqu’au bout ?

Concernant les personnages (saga familiale au fil de l’évolution de la dématérialisation), je ne m’y suis pas attachée, mais finalement ce n’est pas bien important dans ce cas. Ce qui ne veut pas dire que je ne m’y suis pas reconnue. Par exemple, lorsque l’une des personnes parle du calvaire à prendre les transports en commun à cause des odeurs pestilentielles des gens, je m’y suis reconnue à 100%. Donc même si je ne me rappelle pas des noms des personnages (bon, même dans la vrai vie, j’y arrive pas) et que je m’en fiche de leurs sorts, l’auteur a réussi à poser des réflexions et des situations que je vis au quotidien et ça concerne sûrement tout le monde. On se sent donc impliqué et concerné par ce recueil et les thèmes abordés.

Tout ça pour dire que c’est de la bonne SF avec des réflexions sur l’humanité, sur le futur de l’humanité, sur la virtualisation et cela est abordé avec des histoires/réflexion de personnages qui nous impliquent et concernent dans notre quotidien.

*cf. cette vidéo TED en VOSTFR de Martine Rothblatt: My daughter, my wife, our robot, and the quest for immortality.

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