Accabadora de Michela Murgia

couv69999677Grâce au partenariat Livraddict et aux Editions Points, j’ai pu lire Accabadora de Michela Murgia. Cela se passe en Sardaigne, dans les années 50 et c’est l’histoire de Maria une petite fille que sa mère adoptive donne à une vieille couturière au nom de Tzia Bonaria. Peu à peu Maria découvre que sa mère adoptive sort les nuits, elle découvrira par la suite le secret de Tzia et de ses virées nocturnes.

C’est en fait le titre qui m’a séduite, en plus du mystère qui s’y découle. Qu’est-ce que l’Accabadora. J’ai volontairement évité d’aller taper ce mot sur Google, sans quoi j’aurais été spoilé. Ceci dit, on comprend très vite ce que fait exactement Tzia Bonaria, l’Accabadora du village. Ceci dit, j’ai finalement été assez déçu par cette lecture dans son ensemble.

Bien que le style est agréable à lire grâce à sa simplicité (pas dans le sens péjoratif du terme) et que les chapitres sont courts, le fond reste très superficiel, où plutôt revête une trop grande pudeur qui m’a agacée. Je l’ai surtout senti à cause de l’absence de terme et mot, qui peut être reflète un très grand tabou chez l’auteur. Je pense à deux cas, d’une par ce que fait l’Accabadora. Il existe un terme, un mot précis qui décrit ce qu’elle fait, mot qui lance toujours le « pseudo » débat du « pour, contre, sous quelles conditions ? » Je dis « pseudo » débat, car de mon point de vue, ça devrait être possible de le faire dans les cas extrêmes, comme Bonaria le fait jusqu’en milieux du livre. Sinon, je pense aussi à la seconde partie du livre, on apprend qu’un fait tragique s’est déroulé et il est sous-entendu, on comprend ce qui est arrivé, mais là aussi, un mot très précis, parfois voir souvent tabou dans certaine famille où ça a eu lieu, n’est pas mentionné. Pourquoi tant de sous-entendu ou de définition sans en donner le mot ?! C’est vraiment ça qui m’a déplu dans cette lecture, trop de pudeur, trop de tabou.

Enfin les personnages sont intéressants, je n’ai pas eu d’affinité avec Maria, bien qu’elle semble attachante. J’en ai eu plus avec Tzia, surtout pour ce qu’elle fait et les crans qu’elle doit avoir pour le réaliser de telle façon (je me suis enfin renseigné sur wikipédia, car c’est assez « flou » la façon dont elle procède). J’ai détesté la mère biologique de Maria, au plus haut point. Je déteste ce genre de personne. Cette « mère » qui rejette son enfant, qui se demande pourquoi elle l’a eue et qui n’en veut pas car elle a déjà trop de bouche à nourrir (Maria est la 4ème enfant). Puis qui ne comprend pas pourquoi Tzia envoie Maria à l’école, qui d’ailleurs aime ça, et aime lire. D’après la mère biologique, elle est déjà allée trop loin dans ses études et en sait plus que ce qu’elle devrait (à ce moment, Maria est en 5ème) mais en plus de l’avoir abandonnée, Maria devrait l’aider à faire des gâteaux et sauter les classes, sans compter les moqueries de sa mère et autre sœur, car elle est allée le plus loin dans la scolarité, parce qu’elle est soit disant intelligente. Bref une famille de con arriérée. Heureusement que Tzia est là !

En conclusion, en plus de me faire sortir des moments de haine envers un type de personne que je déteste et de comporter beaucoup de flou et de « non-dit », cette lecture m’a plu tôt ennuyée dans son ensemble. Je m’attendais à plus de mystère suivi d’information/détails sur ce qui semble être une coutume sarde, sur l’Accabadora, mais en fait, les passages qui en sont le sujet, sont très courts et peu nombreux par rapport au reste du livre. Par contre le style est plaisant à lire.

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